Les deux mulets

Deux mulets cheminaient, l'un d'avoine chargé,

L'autre portant l'argent de la gabelle.

Celui-ci, glorieux d'une charge si belle,

N'eût voulu pour beaucoup en être soulagé.

Il marchait d'un pas relevé,

Et faisait sonner sa sonnette :

Quand l'ennemi se présentant,

Comme il en voulait à l'argent,

Sur le mulet du fisc une troupe se jette,

Le saisit au frein et l'arrête.

Le mulet, en se défendant,

Se sent percer de coups, il gémit, il soupire.

Est-ce donc là, dit-il, ce qu'on m'avait promis ?

Ce mulet qui me suit, du danger se retire,

Et moi j'y tombe et j'y péris.

Ami, lui dit son camarade,

Il n'est pas toujours bon d'avoir un haut emploi :

Si tu n'avais servi qu'un meunier, comme moi,

Tu ne serais pas si malade.

 

voir le mulet

Livre premier- fable IV

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Dernière mise à jour de cette page le 17/08/2008

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