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MA PREFEREE

Voici ma fable préférée.

Point d'animaux ici, mais l'homme comme seul protagoniste.

Cette fable imitant "Le Vieillard et la Mort" d'Esope, devient entièrement originale et propriété de La Fontaine.

Comparons les deux et reconnaissons le caractère nouveau et personnel de " La Mort et le Bûcheron".

La Fontaine a fait du récit d'Esope une oeuvre toute emprunte d'observations réalistes et sa fable émouvante ne ressemble plus que de loin à son antique modèle.

 

 

Le Vieillard et  la Mort (Esope)

Un jour, un vieillard, ayant coupé du bois et le portant sur son dos, faisait une longue route.

Fatigué par la marche, il déposa son fardeau et il appelait la mort.

La mort parut et lui demanda pourquoi il l'appelait.

Le vieillard répondit : " Pour que tu soulèves mon fardeau".

Cette fable montre que tout homme est attaché à la vie, même s'il est malheureux.

 

La Mort et le Bûcheron (La Fontaine)

Un pauvre Bûcheron, tout couvert de ramée,

Sous le fait du fagot aussi bien que des ans

Gémissant et courbé, marchait à pas pesants,

Et tâchait de gagner sa chaumine enfumée.

Enfin, n'en pouvant plus d'effort et de douleur,

Il met bas son fagot, il songe à son malheur.

Quel plaisir a-t-il eu depuis qu'il est au monde ?

En est-il un plus pauvre en la machine ronde ?

Point de pain quelquefois, et jamais de repos :

Sa femme, ses enfants, les soldats, les impôts,

Le créancier et la corvée

Lui font d'un malheureux la peinture achevée.

Il appelle la Mort. Elle vient sans tarder,

Lui demande ce qu'il faut faire.

" C'est, dit-il, afin de m'aider

A recharger ce bois ; tu ne tarderas guère".

Le trépas vient tout guérir ;

Mais ne bougeons d'où nous sommes :

Plutôt souffrir que mourir,

C'est la devise des hommes.

  

 

 

 

 

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